Atelier d'écriture PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 23 Décembre 2011 01:28

Noël, Noël

Nous avons constitué une liste de mots nous évoquant Noël   :  odeur du sapin, guirlande qui chatouille et scintille, calendrier,neige, mimosa (parfume et chatouille), bougies, froid, solitude, désarroi, dinde aux marrons, se soigner, parler, attente, bureau vide, trains.

 

C'est de ce matériau que nous avons construit nos textes

Dixième étage

Le sapin n’est plus mis depuis quelques années. Il y avait aussi la crèche avec le petit Jésus. Et le berger agenouillé tenant son chien par l’épaule, tous deux soudés dans le même moule. Je me revois les caresser avant de les mettre dans la petite cabane recouverte de mousse. Mais ils sont restés dans la boîte. La neige descend sur l’ancienne cité-dortoir étendue sur la colline. Cette trêve va durer plusieurs jours, et le sens obligatoire s’évanouir. Dans l’immeuble d’en face, les bureaux restent vides, enfin. Tout semble disparaitre dans la brume, même les certitudes. On distingue quelques fenêtres allumées. Deux silhouettes se réunissent autour de bougies, une mère et son fils par exemple, elle âgée et lui un peu moins. La solitude n’est pas loin. Père Noël, où es-tu passé ? Quelque chose d’imprécis serre le cœur. Il faut tenir quand on est près de s’effondrer, n’est-ce pas ? A moins qu’une ancienne joie ne frappe à la porte.

Peut-être iront-ils en Italie les jours suivants, là-bas, de l’autre côté des Alpes qu’on peut voir au bord de l’horizon.

Jean-Pierre

 

Noël, là-bas

Chaque fois que quelqu’un entrait, la gueule de l’hiver nous lançait son souffle froid et humide. « La porte ! » grognait une voix derrière la banque d’accueil. Un bonnet rouge surgissait derrière un bouquet de mimosa, un regard sombre foudroyait l’arrivant. Le fautif s’excusait, allait s’asseoir discrètement et le silence retombait.

Seule une horloge remplissait l’espace de son rythme obsédant. Une lourde attente s’installait.

Accroché au mur, un grand calendrier s’effeuillait. « Pff, un feuillu… », souffla dédaigneusement un sapin en s’enroulant coquettement dans une guirlande scintillante.

C’était la remarque de trop.

La dinde rôtie aux marrons, la fourchette et le couteau plantés dans le dos, lui sauta dessus en poussant un cri sauvage. Les bougies se renversèrent, mirent le feu à la bûche, la bûche embrasa le sapin, l’incendie se propagea, rouge sang sur la neige blanche.

Au loin le bruit d’un train.

Samia 

 

 

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